Ce robot d’assistance personnelle est connecté à Internet et interagit avec les individus et l’environnement bâti (reconnaissance du visage, de la voix et des objets). Le robot est utilisé à la maison et peut « apprendre » de son propriétaire en posant des questions.

Des logiciels et des composants pour personnaliser les robots sont disponibles en licence libre de droits (open source) et une communauté active de développeurs y participe.

Présentation vidéo

 

Scénario 2030

L’assistance à domicile est-elle un droit fondamental ?

Nous sommes en 2030. La génération des personnes âgées dont nous parlons dans ce scénario a réalisé très tôt qu’elle vivrait longtemps. Ces personnes ont craint le cancer et la maladie d’Alzheimer et se sont activées à repousser la fatalité d’un corps vieillissant. Retraitées, elles sont restées actives intellectuellement et physiquement. Elles n’ont pas eu beaucoup d’enfants et se sont par ailleurs organisées socialement pour répondre à leurs besoins et demeurer le plus autonomes possible.

L’État réévalue sa politique
Pour l’ensemble des citoyens, des soins infirmiers et des services d’assistance à domicile sont dispensés, à des coûts variables, par une importante main-d’œuvre qualifiée provenant notamment de l’immigration. Jusqu’à maintenant, l’État ne remboursait ces services qu’aux personnes jugées très vulnérables. Or, ce règlement est maintenant en révision : on envisage en effet élargir la clientèle des bénéficiaires. Différents organismes, dont la Direction de la protection de la vieillesse, ont vite abondé dans ce sens :

« Notre mandat est d’assurer la santé, la sécurité et le bien-être des personnes âgées. Nous estimons que bénéficier d’une assistance personnelle à domicile, en tout temps, constitue un droit fondamental des aînés. Considérant que les services d’assistance contribuent à réduire l’isolement et favorisent l’équilibre et la santé des personnes, nous croyons que l’État doit offrir son aide financière à toutes les personnes âgées qui en font la demande. »

Les robots d’assistance font leur entrée !
Saisissant l’occasion, différents groupes ont entrepris de faire connaître les avantages des robots d’assistance personnelle. Par exemple, des programmeurs collaborent et partagent gratuitement leurs trouvailles informatiques, selon la démarche de « l’innovation libre ».

Alors que l’industrie du robot d’assistance personnelle est en plein essor, des fabricants recommandent que l’accès à un robot personnel soit considéré par le gouvernement comme un droit fondamental des aînés.

« Nos robots effectuent les tâches domestiques et aident les personnes âgées dans toutes les activités quotidiennes, peu importent l’heure et le jour. Ils fournissent des réponses réconfortantes en cas d’inquiétudes exprimées par les clients. Ils assurent avec ponctualité la continuité du suivi avec les pharmacies et les services médicaux. Pour toutes ces raisons, ils sont souvent beaucoup plus fiables et endurants que le personnel humain. »

Lors d’une conférence de presse, le Ministre de la Santé a laissé entendre que ces deux options — l’assistance humaine et l’assistance robotique — allaient être considérées. Il a souhaité toutefois qu’un groupe d’experts lui fasse des recommandations détaillées, tenant compte à la fois des avantages et des inconvénients pour les personnes âgées, leurs proches et l’ensemble de la société.

À vous de poursuivre !
Le groupe d’experts vous invite à soumettre votre avis :

  • L’assistance à domicile — avec ou sans robot — devrait-elle être offerte par l’État à tous les aînés, qu’ils soient ou non vulnérables ?
  • Comment, selon vous, ces deux formes d’assistance affectent-elles l’autonomie des personnes vieillissantes ?
  • L’assistance à domicile est-elle un droit fondamental ?

Scénario 2040

Catherine devra-t-elle renoncer à son robot sur mesure ?

Nous sommes maintenant en 2040. L’État couvre les frais encourus par l’usage des robots d’assistance personnelle pour tous les aînés souhaitant en bénéficier.

Catherine a aujourd’hui 75 ans et habite une petite ville, pionnière dans le déploiement d’un service novateur de robots d’assistance personnelle : la municipalité est entièrement adaptée pour faciliter leur circulation. Les robots se déplacent aisément entre les résidences privées, les lieux publics, les commerces et les établissements de santé.

Le Maire s’est investi dans ce projet et a obtenu l’appui des autorités ainsi que de la majorité des commerçants et des résidents. Après quelques années d’essai, les responsables constatent toutefois que quelques difficultés technologiques persistent :

« une partie uniquement des robots réussit à interagir adéquatement avec les caissiers automatiques des commerces. Certains robots ne peuvent pas non plus communiquer entre eux, causant parfois des incidents dans les files d’attente ! »

Puisque l’industrie locale du robot d’assistance s’est développée, le Maire désire lancer un concours auprès des fabricants de la région en vue de la sélection d’un manufacturier unique qui pourrait, avec un modèle standardisé, mieux desservir tous les résidents âgés de la ville.

Vieillir chez soi et s’adapter… des besoins variables
Catherine, une informaticienne retraitée, développe et utilise depuis une douzaine d’années un robot personnel. Le but du groupe de type « innovation libre » auquel elle contribue a toujours été d’accroître la capacité des robots à répondre aux besoins spécifiques et changeants d’une personne qui vieillit.

Vigilante et intéressée, Catherine a vu à ce que son robot soit particulièrement bien adapté à ses exigences et l’a même programmé pour qu’il lui donne un coup de main dans le jardinage, son loisir favori !

Catherine ne souffre d’aucune maladie, mais elle a déjà combattu un cancer à deux reprises. Elle remarque en elle de légères absences, des trous de mémoire et des désorientations épisodiques. Lors de sa rencontre mensuelle avec une infirmière du Centre local de services de santé, Catherine se fait dire :

« Vous devrez bientôt cesser d’utiliser votre robot personnel. Nous savons que vous y êtes beaucoup attachée, mais il n’y aura que le modèle unique qui sera autorisé pour continuer à vous prévaloir de notre programme de suivi à domicile. Sinon, vous devrez signer un formulaire dégageant le Centre de sa responsabilité à assurer le suivi de votre santé physique et mentale. J’aimerais beaucoup mieux pouvoir vous suivre de plus près, et cela sera possible avec l’aide d’un robot standardisé ! Le vôtre est parfois imprévisible… »

Catherine se demande comment elle peut se soumettre à un règlement qu’elle trouve absurde ! Elle est née et a toujours vécu dans cette ville, elle y est très attachée ainsi qu’à sa maison et à son jardin. Elle craint de devoir se défaire de son robot et perdre l’usage des fonctions uniques qu’elle a développées elle-même et qui lui conviennent si bien !

D’autant plus qu’elle sait pertinemment qu’un modèle standard de robot ne pourra jamais bien répondre aux besoins des personnes vieillissantes : cela, elle le constate quotidiennement auprès de sa communauté «innovation libre» et de ses voisins.

À vous de poursuivre !
Une assemblée publique a lieu ce soir au Conseil de ville afin de recueillir les points de vue sur la proposition du Maire de mieux servir ses concitoyens par un robot standardisé. Vous décidez d’y assister pour partager votre position :

  • Quels seraient les avantages de solliciter un manufacturier unique ?
  • Comment le Centre de santé doit-il prendre en considération la vulnérabilité des personnes comme Catherine ?
  • À quels compromis Catherine et les personnes vivant une situation similaire devraient-elles consentir ?