Méta-ethnographie (complété)

Méta-ethnographie (complété)

Pourquoi et comment sont conçues les innovations responsables ayant une incidence sur la santé?

Dans le cadre de l’axe de recherche A (La conception de l’IRS), cette méta-ethnographie avait pour objectif de mieux comprendre les motivations et les processus ayant mené au développement d’innovations responsables ayant une incidence sur la santé et le bien-être collectif.

Un article a été publié dans la revue Innovations. Il expose une synthèse de 17 études qualitatives et propose un modèle des buts et des processus de l’Innovation Responsable (IR).

Modèle des buts et processus de l’innovation responsable (IR)

Selon ce modèle, le contexte d’émergence stimule le développement d’une IR orientée vers un bien commun, que celui-ci relève d’intérêts collectifs larges (par exemple, le traitement des eaux usées) ou de ceux de groupes marginalisés (rendre un bâtiment accessible aux personnes en situation de handicap). Les acteurs incluent les leaders du projet d’IR, soit les individus et les organisations qui la conçoivent et la développent, et leurs partenaires qui peuvent changer selon les stades de développement de l’IR (investisseurs, représentants des autorités publiques municipales, régionales ou nationales, fournisseurs, utilisateurs potentiels, organisations communautaires, etc.).

Les acteurs poursuivent des buts qui ne sont pas tous relatifs à un bien commun et peuvent inclure des intérêts particuliers (établir son propre réseau de contacts, développer un marché, accroître le rayonnement d’une ville, etc.). La notion d’ancrage renvoie aux actions à travers lesquelles les leaders et les partenaires parviennent (ou non) à accroître la pertinence de l’IR au fil de son développement, de son expérimentation et de son appropriation, et ce, en réconciliant les buts poursuivis.

Le travail des ressources se caractérise par une flexibilité aussi bien idéologique que matérielle. Ce processus combine trois activités qui permettent d’assurer la réalisation de l’IR en favorisant des apprentissages, du travail collaboratif en réseaux et l’émergence d’une « niche » protectrice. En effet, il importe de créer un espace matériel et socioculturel permettant à l’IR de se développer et de se tailler une place sur le marché malgré —ou grâce à— son caractère hors-normes. A contrario, laisser jouer les forces du marché établies, sans travailler aux conditions de construction et de réception de l’IR, réduit ses possibilités d’émergence.

À terme, l’IR peut réussir à occuper un marché qui lui est propre en demeurant un cas unique, en étant reproduite (par exemple, un système de vélopartage est implanté dans une autre ville) ou en étant diffusée à plus large échelle et institutionnalisée (une voiture électrique fabriquée en série gagne un segment du marché). L’IR contribue ainsi à modifier son contexte d’appropriation, le rendant plus propice au déploiement d’activités qui consolident son ancrage.

Responsable ayant mené le projet : Geneviève Daudelin   Contact pour ce projet : Pascale Lehoux